Bonjour chers camarades de classe,
Tel que je m’y attendais, j’ai reçu deux courriels en l’espace de 4 jours de la part de L’AGEEFEP. Sans surprise, ils avaient pour but de nous donner de l’information par rapport à la tendance que prendra le mouvement de protestation en réaction à la hausse des frais de scolarité.
Dans l’introduction du premier courriel est indiqué que quoi qu’il arrive, la décision de procéder à des moyens de pression ou non devra être une décision approuvée par la majorité des membres de l’AGEEFEP.
Malgré l’apparence objective de cette introduction, l’expéditeur exprime quand-même sa position vis-à-vis de l’augmentation des frais de scolarité :
- «L’Association craint la répétition des conséquences qui avaient suivi le dégel de ces droits, au début des années […].»
- «C’est le principe même de l’accessibilité aux études universitaires qui est en cause.»
- «L’AGEEFEP estime qu’il y a plusieurs bonnes raisons de s’opposer à la majoration des droits de scolarité. […], des capsules d’information vous seront transmises par courriel.»
Petit à petit je commence à remettre en question la neutralité du message que je suis en train de lire… Après une deuxième lecture, je constate qu’il y a tout de même un deuxième paragraphe (plus petit que les autres) qui répète les propos de l’introduction :
«L’Association est cependant consciente qu’il n’y a pas unanimité des membres […], d’où la décision de s’en remettre à la volonté de la majorité.»
Finalement, je me résigne à croire en l’impartialité du contenu de ce courriel et je commence la lecture du second document …
Âmes sensibles s’abstenir
Fini les notions de neutralité! On me bombarde d’arguments contre l’augmentation de frais de scolarité au travers d’un texte digne d’un travail en sciences politiques. On frôle la propagande!
Je commence à même à me dire que la grève est imminente et que mon opinion ne sera pas prise en considération.
J’aimerais également profiter de la plateforme pour vous faire part de ma réaction suite à ces 2 courriels :
- Ce que je trouve curieux, c’est que jamais les frais de scolarité au Québec ne sont comparés à ceux exigés ailleurs au Canada et dans d’autres pays. Après quelques recherches sur la toile, je peux vous affirmer que malgré l’augmentation qui nous pend au nez, les frais de scolarité au Québec sont extrêmement bas.
http://www.graduateshotline.com/costs.html
- Saviez-vous que le gouvernement prévoyait d’injecter 35 % de la hausse des frais de scolarité dans le programme de prêts et bourses en 2017? Je vous entends déjà me dire : « En 2017 on ne sera plus aux études et on ne pourra en bénéficier. On paie donc pour les futurs étudiants.’’ Je sais mais d’un autre côté on paye tous pour les autres (exemple : Je n’ai pas d’enfant mais je paye des taxes scolaires, ce n’est pas juste
mais c’est comme ça!).
- Le coût de la vie augmente et les personnes veulent de meilleurs salaires. Ne soyons donc pas surpris que ces augmentations s’appliquent également aux professeurs, aux employés des universités, aux gestionnaires, à l’entretien des universités, à l’amélioration des services aux étudiants, etc. En d’autres termes, le gouvernement aussi va devoir injecter plus d’argent dans l’enseignement et je ne trouve pas scandaleux de faire participer les étudiants.
- Prenez le temps d’aller sur internet et essayez de déterminer combien coûte un étudiant au gouvernement. Je vais vous aider : Nos frais actuels correspondent à seulement 12,7% de ce qu’on coûte au gouvernement. (après l’augmentation ça passera à 16,9%)
Voilà, je termine en vous disant que j’aimerais sincèrement savoir ce que vous pensez. N’hésitez pas à remettre mes propos en question car j’aime la critique constructive.
On se reparle sous peu et à mardi prochain.
Cher Fabien,
Pourquoi ne pas lire cet article écrit par Rima Elkouri dans la Presse http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/rima-elkouri/201202/15/01-4496044-les-enfants-gates.php
Il résume bien ma pensée.
Au plaisir d’en discuter plus longuement mardi prochain
Adrienne
Salut Fabian,
Je partage également l’avis d’Adrienne.
La position de l’AGEEFEP est la même depuis les années 1990. Elle a toujours été en faveur de l’accessibilité et du gel des frais de scolarité, ce choix-là a toujours été renouvelé au sein des congrès biennaux.
Cette position découle de la tenue d’assemblées générales où la majorité des gens présents s’est positionnée contre la hausse.
Cela dit, peu de personnes étaient présentes, à ce que j’ai pu comprendre, seulement une centaine d’étudiants se sont présentés alors que la FEP représente plus de 7000 étudiants.
La situation de la FEP est particulière. La majorité des étudiants qu’elle représente a plus de 30 ans, étudie à temps partiel, occupe déjà un emploi. En tenant compte de cette réalité, c’est plus facile de comprendre pourquoi si peu de gens se présente aux assemblées au sein desquelles les positions sont prises. Aussi, lors de décisions importantes concernant les moyens de pression entourant le débat des frais de scolarité, pour s’assurer une représentation qui soit légitime, l’AGEEFEP va soumettre ses propositions au vote électronique à tous les étudiants qu’elle représente.
Il est du devoir de l’AGEEFEP de représenter tous les étudiants. Fais valoir ton point de vue, écris-leur. Ils ont également une page Facebook où les gens sont invités à poser leurs questions ou à commenter l’actualité. Ils répondent très vite.
Quant à la hausse des frais de scolarité, pour moi, il s’agit d’une question de société. Les comparaisons ne tiennent pas. Au Québec, on a traditionnellement penché pour des mesures progressives qui permettaient aux plus démunis d’espérer transformer leur condition, à travers un système d’éducation public, un système de santé gratuit avec un filet social serré. C’est un choix que le Québec a pris, pour moi, il est louable. Et j’entends défendre nos faibles coûts de scolarité.
Lorsqu’on parle de sous-financement des universités, on regrette effectivement le nombre élevé d’étudiants dans les classes, le peu de financement des bibliothèques, le fait qu’il y ait une grande tendance à engager des chargés de cours et pas des professeurs… et ce, au détriment de la qualité de la formation.
Cependant, on cible souvent moins la mauvaise gestion des fonds universitaires. Les déboires immobiliers de l’UQAM et de l’UDM ont défrayé les manchettes et ont fait perdre énormément de sous aux budgets. Par ailleurs, on peut questionner les salaires hypra élevés des recteurs et des gestionnaires, les recteurs des universités de Laval, Montréal et Concordia gagnaient plus de 300 000 $ par année alors que la rectrice de McGill profitait en 2010 d’un salaire de plus de 500 000$.
Bref, la question du financement des universités est rapidement manipulable.
À toi de te faire une tête sur la question.
Il y a une documentation très riche autour de la hausse. Je t’invite à consulter le site de l’IRIS. Ils démystifient les lieux communs entendus autour de la hausse.
Tu m’en donneras des nouvelles.
Bénédicte
Hello Adrienne et Bénédicte,
Tout d’abord, merci d’avoir pris quelques instants pour réagir à mon article.
Je constate en lisant vos deux commentaires que pour vous, la hausse des frais de scolarité est synonyme d’atteinte au droit à l’éducation au Québec.
Je suis on ne peut plus d’accord avec le fait que l’éducation doit rester accessible pour tous. Mais, très honnêtement, je ne pense pas que 325$ d’augmentation par année puisse réellement empêcher quelqu’un d’avoir accès aux études. Cela ne représente même pas 1 dollar par jour! Puis, entre vous et moi, combien d’étudiants parmi « les plus démunis » ont un Ipod, un Ipad, un Iphone, un téléphone intelligent, sans compter les centaines d’applications payantes mises à leurs dispositions. Combien d’étudiants se promènent avec un café Tim Horton, Starbuck tous les matins? Mon point de vue est que tout le monde doit faire un petit effort et 1 $ par jour ce n’est pas la fin du monde.
Bénédicte, tu as raison quand tu parles de la gestion du budget faite par le gouvernement. C’est loin d’être parfait, mais pourquoi alors, ces mauvais gestionnaires sont-ils encore au pouvoir? Parce que les gens ont utilisé leur droit de vote.
Je ne préfère pas me prononcer sur le système de santé. Un autre droit au Québec et on voit le résultat!
Merci encore pour vos interventions. Je suis content qu’on puisse échanger nos idées dans la joie et la bonne humeur et je pense que je vais aller jeter un coup d’œil sur la page Facebook de l’AGEEFEP.
À plus.
Fabian.